Homme qui sépare l'amour et le sexe : le repérer

Par Sami, fondateur d’Oedeep · Publié le 16 juin 2026

Un homme qui sépare l'amour et le sexe vit ce que les psychologues appellent le complexe de la madone et de la putain : il range les femmes en « bonnes à aimer » d'un côté, « bonnes pour le sexe » de l'autre. Le repère le plus accessible, ce sont les mots qu'il emploie pour parler de ses ex et des autres femmes. C'est un indice, jamais un diagnostic.

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C'est quoi un homme qui sépare l'amour et le sexe ?

C'est un homme chez qui la tendresse et le désir ne se rejoignent pas sur la même femme. Plus il aime et admire une partenaire, moins il la désire, et inversement. La psychologie nomme cette tendance le complexe de la madone et de la putain : les femmes sont perçues soit comme pures et « bonnes à marier », soit comme « faites pour le sexe ».

Ce n'est ni une invention ni un jugement moral, mais une tendance mesurée dans la recherche. Elle ne concerne pas tous les hommes, ni même la majorité. Pour comprendre le mécanisme de fond, l'article sur le complexe de la madone et de la putain en pose les bases.

Selon Bareket, Kahalon, Shnabel et Glick (2018, étude par questionnaire, revue Sex Roles, N=108 hommes), la dichotomie madone/putain désigne des perceptions polarisées des femmes, soit « pures » soit « promiscueuses », et elle est positivement associée à l'objectification sexuelle des femmes et au double standard sexuel. Bareket et al., 2018

À quoi reconnaître un homme qui sépare l'amour et le sexe ?

Le meilleur indice, c'est sa façon de parler des autres femmes et de ses ex. Quand un homme range les femmes selon leur nombre de partenaires ou la manière dont elles se présentent (« c'était qu'une conquête », « une fille facile »), cela peut signaler une tendance à dissocier l'amour et le sexe. C'est un indice à écouter, pas un test à faire passer.

Pourquoi cet indice plutôt qu'un autre ? Parce que la recherche relie justement cette dichotomie à l'objectification sexuelle et au double standard. Catégoriser les femmes par leur sexualité et opposer « bonnes à aimer » et « bonnes pour le sexe » relèvent du même système d'attitudes. C'est un corrélat plausible, à manier avec prudence, jamais comme un verdict sur une personne.

Un bon indicateur, c'est regarder les mots que l'homme en face de toi emploie pour parler des autres femmes.Sami, fondateur d’Oedeep

Selon Bareket et al. (2018, Sex Roles, même étude), l'adhésion à la dichotomie madone/putain est positivement associée à la « Sexual Objectification of Women » et aux « Sexual Double Standards ». Bareket et al., 2018

Une fois installée dans une relation, cette logique se repère à autre chose : le désir qui s'éteint à mesure que la complicité grandit. C'est le ressort détaillé dans pourquoi le désir baisse quand l'amour grandit.

Des couples qui deviennent des colocataires pour lesquels il se passe plus grand-chose et pour lesquels il y a plus de désir.Sami, fondateur d’Oedeep

Pourquoi est-ce utile de le repérer tôt ?

Parce que cette tendance pèse sur la qualité de la relation. Plus un homme adhère à la vision dichotomique madone/putain, moins il se déclare satisfait de sa vie de couple, selon la recherche. Repérer la tendance avant de s'engager, ou la nommer dans une relation, aide à décider en connaissance de cause plutôt qu'à subir un désir qui se dérobe sans explication.

Une réserve de taille : ce lien est corrélationnel. Corrélation n'est pas causalité, et l'effet décrit une tendance moyenne, pas le sort d'un couple en particulier.

Selon Bareket et al. (2018, Sex Roles, N=108, étude observationnelle), l'adhésion à la dichotomie madone/putain prédit négativement la satisfaction relationnelle des hommes (« MWD endorsement negatively predicted men's romantic relationship satisfaction »). Échantillon limité, à lire comme une tendance, pas une loi. Bareket et al., 2018

Comment ne pas alimenter ce schéma quand on est une femme ?

D'abord en sachant que la responsabilité du schéma reste celle de l'homme qui le porte. « Ne pas l'alimenter » ne consiste pas à se surveiller ni à se corriger, mais à avoir conscience de la logique pour ne pas s'y enfermer sans le vouloir. Le risque décrit par Sami est qu'une femme se replie peu à peu dans le rôle qu'on projette sur elle, en bridant ce qu'elle aime et ce qu'elle désire.

Ce repli a un nom dans la recherche : l'objectification amène à intérioriser le regard d'un observateur comme vision première de soi, avec auto-surveillance et retrait. Le mécanisme éclaire le risque, il ne désigne pas une faute. Le point de Sami est clair : le problème vient des hommes qu'elles rencontrent, pas des femmes.

Selon Fredrickson et Roberts (1997, article théorique fondateur de la théorie de l'objectification, Psychology of Women Quarterly), l'objectification sexuelle amène la femme à « internaliser le regard d'un observateur comme vision première de son propre corps », avec auto-surveillance, honte et anxiété. Fredrickson et Roberts, 1997

Surtout, ne pas alimenter le schéma ne veut pas dire basculer dans l'autre rôle. Être mise « sur un piédestal » relève du même système ambivalent que d'être dénigrée : ce sont deux faces corrélées d'une même attitude. Sortir de la madone pour endosser la putain, c'est rester dans la dichotomie, pas en sortir.

Selon Glick et Fiske (1996, validation psychométrique, Journal of Personality and Social Psychology), le sexisme bienveillant (idéalisation paternaliste de la femme « pure ») et le sexisme hostile (dévalorisation de la femme « facile ») sont deux versants corrélés d'un même sexisme ambivalent. Glick et Fiske, 1996

Récapitulatif : indices à écouter, pièges à éviter

Un tableau pour distinguer ce qui peut servir d'indice de ce qui ne fait que reproduire le schéma.

Ce qui peut être un indiceCe qui n'aide pas
Sa façon de parler de ses ex et des autres femmesEn faire un test ou un diagnostic sur lui
Le classement des femmes par leur nombre de partenairesSe croire « évaluée » et se brider en retour
Le désir qui s'éteint quand la complicité granditBasculer d'un rôle (madone) à l'autre (putain)
La conscience que c'est une tendance, pas une fatalitéSe rendre responsable d'un schéma qu'on ne porte pas

Ces repères servent à y voir clair, pas à étiqueter une personne. Sur un sujet aussi intime, ils informent une décision, ils ne remplacent pas l'écoute de ce que vous vivez réellement dans la relation.

À retenir

Cet article a une visée informative. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé et n’établit aucun diagnostic.

Publié le 16 juin 2026 · Mis à jour le 16 juin 2026